samedi 6 janvier 2018

5 janvier 2018

Diaire

20180106 Fils de

PAROLE DE DIEU

Luc 3,23 : Quand il commença, Jésus avait environ trente ans… 

Lectiomélie : Peu importe l’âge, pour chacun il y a un moment favorable pour un commencement nouveau.

 

AGENDA

* Travail sur la nouvelle frise sur « Jésus… simplement ».

* Bénédiction de la cloche à la mémoire de Marie Noël

Homélie

Dans un instant, nous allons bénir et entendre une nouvelle cloche du carillon de la basilique, « à la mémoire de Marie Noël » et sous l’invocation des saints patrons du diocèse, saint Savinien et saint Potentien, ainsi que de saint Germain d’Auxerre. Cette cloche, au « beau fa dièse », est opportunément dédiée à la poétesse auxerroise dont nous venons de célébrer le cinquantième anniversaire du décès, le 23 décembre. Et, à cette même date, s’est ouvert le procès diocésain de sa cause en béatification.

Sur le métal est inscrite cette phrase de la fauvette d’Auxerre qui a conduit le donateur à nommer cette cloche Marie Noël : « Je suis du Christ, au Christ, jusqu’à la racine de mon cœur ». Au cœur d’une cloche, il y a en effet un battant, un cœur : sans lui ne pourraient pas se faire entendre celle et surtout Celui qui appellent au rassemblement. Les cloches rythment les offices religieux mais aussi la vie commune en sonnant les heures et même les demies et les quarts. Elles sonnent aussi pendant les offices comme lors du Gloria du Jeudi saint. Ainsi, quand l’ouïe s’habitue au tintement, l’âme en perçoit le sens. Écoutons donc Marie Noël qui se dit « fille poussée au son des cloches »[1], raconter son âme paroissienne :

« Ma grand-mère était une des vieilles Françaises qui chantaient Vêpres tous les dimanches, Complies les jours de fête, et qui suivaient minutieusement dans leurs gros livres aux feuillets jaunis les Ténèbres de la Semaine Sainte et les Grandes Matines de Noël et du jour des Morts. Je n’avais qu’à peine neuf ans. Elle m’emmenait avec elle. C’était pour moi l’entrée dans un monde sublime, en dehors de l’autre, où Dieu et l’homme échangeaient des paroles inouïes qui n’avaient pas de sens dans les autres pays. Le soir de la Toussaint, à six heures, nous pénétrions toutes les deux dans la grande Nuit de la Cathédrale qui n’avait plus à cette heure, sous les voûtes prodigieuses, ni commencement ni fin (…) J’attendais en frissonnant chaque retour de ces cloches poignantes… Cependant, nous chantions avec les prêtres, les psaumes de David, les plaintes de Job. J’entendis là – à neuf ans – l’inconsolable cri de l’homme. Il est entré en moi, alors, et n’en est plus ressorti. »[2]

A chacun de nous de prendre le temps d’écouter cette cloche avec son ouïe mais aussi avec son âme. Marie Noël y entendait l’inconsolable cri de l’homme mais aussi la joie de Noël : « Noël ! Noël ! Des clochetons ! Noël ! Noël ! Tous les bourdons sautent en chœur jusqu’à la lune, Noël ! Noël ! ».

Que chacun entende donc jusqu’au fond de lui-même ce « fa dièse »… et garde le secret de ce qu’il y associe.

 


[1] Éloge de Clémence Isaure (Œuvre en prose, p. 286).

[2] Notes intimes, p. 306-307.

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