lundi 2 avril 2018

1 avril 2018

Diaire

20180402 Mt 28

PAROLE DE DIEU

Matthieu 28,10 : Ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront.

Lectiomélie : Dieu voit plus loin que nous ; il est toujours en avance d’une perspective, pour nous.

20180402 émilie DémuleAGENDA

* Consécration à la cathédrale d’Auxerre.

* Homélie de consécration

Il ne vous aura pas échappé que l’évangile que nous venons d’entendre nous présente deux femmes : Marie Madeleine et l’autre Marie. Elles sont allées vers le tombeau pour finir d’ensevelir celui qu’elles aiment et qui, sur la croix, nous a aimés jusqu’au bout. Un ange leur a parlé en rappelant en premier lieu la mort du crucifié et ces femmes sont alors devenues les premières destinataires d’un message surprenant : «  Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité… » Les femmes obéissent alors à l’ange : elles s’éloignent « vite » et courent. Elles deviennent ainsi des partenaires de cette annonce. La crainte est là – malgré tout ! –  mais leur joie est « grande », comme était « grand » le séisme qui précéda l’apparition de l’ange ! Une joyeuse crainte, une joie craintive… sentiment qu’Émilie peut aussi ressentir en ce moment.

Et si ces deux femmes sont si empressées, c’est pour porter la nouvelle aux disciples, à « ses disciples ». Nous n’avons sûrement pas encore tiré toutes les conséquences missionnaires de ce verset. Verset qui prend encore plus de poids avec la confirmation qu’elles reçoivent du Ressuscité : « Allez annoncer à mes frères ». Ces deux femmes deviennent donc les premières à le voir. Jésus leur fait le cadeau d’une rencontre personnelle prioritaire, privilégiée, avant même que ses disciples ne le voient en Galilée. Elles deviennent les premières à voir Jésus vivant après sa mort. Elles s’approchent, elles se prosternent devant lui comme devant Dieu lui-même. Elles ne disent rien. Mais, chargées de porter la nouvelle aux disciples, elles deviennent presqu’aussitôt par leur obéissance les évangélisatrices de ses frères. La résurrection crée une fraternité nouvelle que les femmes sont en train de mettre en œuvre.

C’est donc à la suite de cet évangile inépuisable que je vais interpeller Émilie : « Emilie, le Seigneur vous appelle à le suivre. » Le premier appel vient du Christ. Il n’a rien d’exceptionnel. Il s’agit d’abord de vivre en disciple du Christ, de Le suivre. Et toutes les questions suivantes s’appuieront sur ce fondement, sur cette relation sans laquelle rien de stable ne saurait se construire.

« Voulez-vous persévérer toute votre vie dans votre résolution de virginité consacrée au service du Seigneur et de son Eglise ? » Il s’agit donc d’une résolution. Et cette résolution ne porte pas seulement sur votre service du Christ, mais sur le service du Christ et de l’Église, du Christ total, aurait dit saint Augustin. Et votre lettre de demande indique bien aussi votre désir de servir l’Église diocésaine, ce dont tous ici nous nous réjouissons. Ainsi, la vie consacrée n’est pas une vie recluse, mais une vie donnée. Émilie, vous aurez mission de contribuer à ce que notre Église diocésaine ait pleinement conscience de son identité d’épouse du Christ, dont l’évêque est le représentant. C’est pourquoi vous êtes spécialement liée non pas à l’évêque mais « au mystère de l’évêque ».

Alors viendra une question qui justement précise le sens de votre engagement : « Voulez-vous suivre le Christ selon l’Evangile de telle sorte que votre vie apparaisse comme un témoignage d’amour et le signe du Royaume à venir ? ». Les théologiens parleraient de signe eschatologique. Nous construisons l’Église, mais le Royaume s’accueille. L’Église est comme le Royaume en germe. Le Royaume est déjà là, mais il est encore à venir. Il nous convient de l’attendre, encore et fidèlement. Toutes nos épreuves sont bien des marques que le royaume n’est pas totalement advenu. Il vient de l’avenir. C’est tout le sens de l’espérance qui doit nous habiter et que vous porterez quand nos espoirs seront déçus. L’espérance se tient là où il n’y a pas plus d’espoir ou plus d’avenir.

Enfin, une dernière question viendra clore ce court échange et l’accomplir : « Voulez-vous être consacrée au Seigneur Jésus Christ, le Fils du Dieu Très-Haut, et le reconnaître comme votre époux ? » Voilà enfin le mot de consécration qui apparaît. Nous le savons, le Christ est le Consacré, l’Oint. Par le baptême nous sommes tous consacrés. Par l’ordination épiscopale j’ai été moi-même consacré. Mais l’intitulé de la question précise qu’il s’agit d’une consécration sponsale. Ainsi, la virginité n’est pas renoncement à l’amour, mais renoncement à un type d’amour. La prière l’exprimera parfaitement en ces termes, dans un instant : « Ton Esprit Saint suscite au milieu de ton peuple des hommes et des femmes conscients de la grandeur et de la sainteté du mariage et capables pourtant de renoncer à cet état afin de s’attacher dès maintenant à la réalité qu’il préfigure : l’union du Christ et de l’Eglise. » Nous pourrions longuement méditer cette prière. Elle affirme que la virginité consacrée n’amoindrit pas la valeur du mariage. Le mariage préfigure l’union du Christ et de l’Église ; la consécration manifeste l’union elle-même.

Chers amis, votre présence aujourd’hui est bien le signe d’une Fraternité qui dépasse l’affection que vous portez à Émilie. La virginité consacrée est génératrice de Fraternité. Le témoignage d’Émilie nous invite à une qualité profonde de relations. Notre société a besoin plus que jamais de relations simples et profondes. Que cette consécration nous invite à donner à voir la communion d’amour que Dieu nous promet.

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