dimanche 20 mai 2018 – Pentecôte

19 mai 2018

Diaire

20180520 Christ tympan Vézelay

PAROLE DE DIEU

Jean 15,26 L’Esprit de vérité… rendra témoignage en ma faveur. 27 Et vous aussi, vous allez rendre témoignage… 

Lectiomélie : Quand nous témoignons du Christ nous imitons l’Esprit.

AGENDA

* Messe de Pentecôte et confirmation à la cathédrale d’Auxerre.

* Messe et profession monastique à la basilique de Vézelay.

20180520 FMJ Faustyna

Homélie de la consécration de sœur Faustyna

Dimanche 21 mai 2018 – Pentecôte – Vézelay

Mgr Hervé Giraud

            Il y a au-moins un point commun entre le livre de l’Apocalypse et saint Jean, c’est « la soif ». « Celui qui a soif, qu’il vienne. » « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi… ». Nous avons tous fait, une fois ou l’autre, l’expérience d’une soif ordinaire, d’une grande soif, après un travail ou une longue marche en montagne. Tout notre être tend alors vers cette eau si ardemment désirée. Il en est de même, mais d’une manière moins visible, et parfois beaucoup moins sensible, pour notre âme : « Mon âme a soif de toi » (Ps 62,2).

            Nous le chantons aussi dans le psaume 41 : « 2 Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu. 3 Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; quand pourrai-je m’avancer, paraître face à Dieu ? » Ce désir – cette soif – est bien celle de sœur Faustyna. Celle de tous ceux et de toutes celles qui désirent être totalement donnés à Dieu, consacrés à Dieu. Or cette consécration n’est pas une soustraction. La personne consacrée ne se donne pas à Dieu pour perdre son identité ou pour se séparer de tous. Au contraire, cette mise à part est une mise à part « pour tous ». Benoît XVI le rappelait en 2012 : « Est consacré celui qui, comme Jésus, est séparé du monde et mis à part pour Dieu, en vue d’une tâche pour laquelle il est pleinement à la disposition de tous C’est justement parce qu’elle est donnée à Dieu que la personne consacrée existe « pour » les autres… Donner à Dieu veut dire ne plus être pour soi-même, mais pour tous. »

            Aussi, que voyons-nous aujourd’hui ? Nous voyons et entendons des hommes et des femmes qui ont soif, qui ont des désirs… mais nous évoluons aussi de plus en plus dans un monde qui n’entend plus la question de Dieu, et même, qui n’attend plus la question de Dieu. Cette question devient inimaginable. Dieu ne pose plus question, ou plutôt, nous sommes devenus sourds à sa question d’amour.

            Et c’est pourquoi nous avons besoin de vous, les consacrés, nous avons besoin de la vie monastique, nous avons besoin de témoins contemplatifs. Vous nous offrez le silence qui permet d’entendre la question de Dieu. Vous offrez un témoignage susceptible de nous questionner. Comme nous aimerions entendre plus souvent la question du psaume 41 : « Où est-il ton Dieu ? ». On nous interroge sur tant de sujets de société, et rarement sur ce qui est le cœur de notre vie. Je regrettais ainsi à Pâques qu’on ne me demande jamais : « Croyez-vous vraiment à la résurrection de Jésus ? Croyez-vous vraiment en l’Esprit Saint ? » Quand on interroge un sportif, on l’interroge sur son dernier match. Quand on interroge un acteur on l’interroge sur son dernier film. Quand on interroge un informaticien on l’interroge sur les avancées numériques. Or, quand on interroge un évêque, on lui demande son avis sur plein de sujets – la laïcité, le pape, la fin de vie, les migrants – mais jamais sur la Résurrection du Seigneur, ou sur l’Ascension ou sur la Pentecôte : « Y croyez-vous vraiment ? » Pourtant toute la vie chrétienne est basée sur ces événements.  

            Chères sœurs, chers frères de Vézelay, je ne peux que vous encourager dans votre propre mission à « vivre au cœur de Dieu ». La prière ne diminue pas le don de soi, elle l’augmente. La prière transforme le cœur. Elle conduit vers l’attention à l’autre. Le pape François le rappelle dans son exhortation sur la sainteté : « Même si le Seigneur nous parle de manières variées, dans notre travail, à travers les autres et à tout moment, il n’est pas possible de se passer du silence de la prière attentive… » (GE 171). La prière rend attentif à l’Esprit ; mais elle rend aussi attentif aux autres. Le pape nous explique que dans la prière l’Esprit nous offre « quelque chose de plus »… ce « plus », c’est probablement le sens de la fraternité. Une fraternité à vivre malgré tous les combats qu’elle demande quotidiennement. Chaque fois que vous la vivez, vous nous montrez que nous pouvons aussi la partager dans ce monde d’individualisme. Le fruit ne se fera pas attendre. Saint Paul l’évoque clairement : « voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (Ga 5,22-23).

            Que ce fruit vous soit donné, sœur Faustyna, ainsi qu’à tous vos sœurs et frères sur cette colline de Vézelay.

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