lundi 21 mai 2018

20 mai 2018

Diaire

20180521 crypte

PAROLE DE DIEU

Marc 9,29 : Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. 

Lectiomélie : « Il n’est pas possible de se passer du silence de la prière attentive… » Pape François

 

 

 

 

AGENDA

* 1600ème anniversaire de la consécration épiscopale de saint Germain.

* Pèlerinage de la Province : visite de l’abbaye saint Germain, conférence, messe à la cathédrale d’Auxerre.

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Homélie du lundi de Pentecôte – 1600ème anniversaire de la consécration épiscopale de saint Germain – 21 mai 2018

            Le pape François, dans sa belle exhortation apostolique sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, écrit : « chaque saint est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile. » (GE 19). Or, quand on lit la vie de saint Germain d’Auxerre rédigée par Constance de Lyon, on est frappé par tous les récits de miracles accomplis par saint Germain. Sans doute fallait-il à cette époque insister particulièrement sur les actes extraordinaires de Germain pour montrer sa sainteté : mais comment pourrions-nous imiter ses miracles ou même sa vie si particulière ? D’autant plus que « tout ce que fait un saint n’est pas forcément fidèle à l’Évangile, ni nécessairement authentique et parfait » comme le rappelle le pape (Cf. GE 22) : « ce qu’il faut considérer, précise François, c’est l’ensemble de sa vie (…) cette figure qui reflète quelque chose de Jésus-Christ. » (GE 22).

            Or, que relève-t-on chez saint Germain qui puisse être non seulement admirable mais imitable, qui puisse refléter un aspect de l’Évangile ou une attitude de Jésus lui-même ? J’ai essayé de noter dans la vie de saint Germain quelques détails car « Jésus invitait ses disciples à prêter attention aux détails » (GE 144) et le pape François ne craint pas d’ajouter que « cela a un sens de demander (à Dieu) d’éclairer les petits détails de (notre) existence » (GE 153).

            Ainsi, on disait de saint Germain qu’il était « hospitalier » et qu’il recherchait « l’hospitalité des gens modestes ».

            On pouvait remarquer également de saint Germain qu’il avait de l’affection, notamment pour son ami le prêtre Senator.

            On affirmait même de saint Germain qu’il était attentif aux petites choses, y compris celles qui manquent… comme l’absence du chant des coqs.

            Ainsi, puisque nous n’avons pas d’écrit de saint Germain et parce que très peu d’entre nous deviendront « haut fonctionnaire », fondateur de monastère, ou évêque (même s’il en faut bien quelques-uns !), recueillons déjà ces quelques points de sa vie peu banale : son hospitalité, son attention aux gens modestes, sa fidélité aux amis, son attention aux petites choses. Nous pourrons ainsi tous saisir « les occasions qui se présentent chaque jour, pour accomplir les actes ordinaires de façon extraordinaire » (GE 17).

            L’Évangile des Noces de Cana ne dit pas autre chose. En ce lendemain de Pentecôte où, pour la première fois, nous faisons mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église, il importe aussi de regarder du côté de la mère de Jésus. Elle a vu le manque de vin ; elle l’a remarqué comme un de ces « petits détails de l’existence ». Pour ne pas laisser passer l’appel de Dieu à grandir, il nous faut d’abord être attentifs aux petites choses, et plus largement à tout ce qui paraît négligeable. « La grandeur se montre dans ce qui est simple et quotidien » (GE 169). C’est notamment ce que Constance souligne chez saint Germain qui « choisit l’humilité pour genre de vie. » (p. 125)

            Ainsi, saint Germain fait peut-être partie de ce que le pape François appelle des « témoins qui sont utiles pour nous encourager et pour nous motiver, mais non pour que nous les copiions, car cela pourrait même nous éloigner de la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous. Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui » (GE 11). Voilà donc comment puiser sainement aux sources de la sainteté. D’ailleurs Constance achève son récit en précisant que saint Germain fut « rendu à sa cité où son corps est enterré mais où il vit par ses miracles quotidiens ». Et il ne manque pas de rappeler qu’« il ne faut pas hésiter à raconter en détail ce que le Christ n’a pas hésité à accomplir : lorsqu’il glorifie ses saints il nous invite par leur exemple. » Qu’à son exemple, justement, mais dans les tribulations de ce temps et avec l’aide d’un même Esprit qui nous a été donné, nous puissions donc discerner aujourd’hui notre propre chemin de sainteté.

 

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