dimanche 17 juin 2018

16 juin 2018

Diaire

PAROLE DE DIEU

Marc 4,33 : Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. 

Lectiomélie : Faisons-nous assez attention à la réception de nos paroles ? Commençons par regarder avant de parler…

20180717 Mc 4

AGENDA

* Journée avec les néophytes à Saint-Florentin.

* Ordination diaconale à Saint-Florentin.

20180617 ordination diacre MatthieuHomélie du 17 juin 2018

            Dans quelques instants, nous allons vivre le rite particulier d’une ordination. Celle d’un diacre. D’un diacre en vue du presbytérat. Comment comprendre cette étape ? Quand nous entendons le mot « diacre » des expressions ou attitudes peuvent nous venir à l’esprit : service, humilité, proximité, simplicité, attention aux derniers, précarité, lavement des pieds. Peut-être aussi seuil, Jésus serviteur… et, sans doute plus rarement, « premier degré du sacrement de l’ordre » ! Pourtant, comme en toute chose, et avant toute chose, c’est d’abord le mot Évangile qui devrait être notre réflexe. Or que dit l’Évangile de ce jour ?

            « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme… comme une graine de moutarde… » Jésus a toujours cherché à être accessible. Et il a su trouver les images qui parlent à ses contemporains. Ainsi au-delà de la pointe de la parabole il convient de remarquer cette simplicité de Jésus. Jésus fait attention aux réalités ordinaires ; il regarde les personnes, les événements et les choses, même les plus petites : un semeur, une semence qui grandit, une graine de moutarde. De ses observations il tire de belles paraboles pour faire comprendre la nouveauté qui advient en sa présence. Cet après-midi saurons-nous pareillement regarder et entendre ce qui va se passer ? Un homme s’engage. Nous pouvons l’admirer, l’encourager, le remercier. Nous pouvons aussi faire comme Jésus : regarder, réfléchir, comprendre de quoi il s’agit vraiment. Car toutes nos vies devraient faire signe : être signe du Christ, d’une attitude du Christ.

            Ainsi, aujourd’hui, nous entrons tous dans la démarche d’un homme, dans une ordination, même si nous ne sommes pas croyants. Nous ne sommes pas des spectateurs passifs. Cet événement dépend aussi de nous. Certes Matthieu devient diacre par la prière et l’imposition des mains de l’évêque, mais cette prière et ce geste récapitulent tout ce que Matthieu a vécu avec chacun de nous. Les diacres se trouvent, comme on le dit parfois, au degré inférieur de la hiérarchie, manière de signifier une humilité nécessaire à toute responsabilité ou autorité dans l’Église. Un jeune diacre de la Mission de France, que j’ordonnerai d’ailleurs prêtre à Marseille dans 15 jours, me disait dernièrement que son ministère diaconal avait été premier, mais « pas premier dans le temps mais dans l’importance, car il ordonne tous les autres ministères à cette figure fondamentale du Christ ». Oui, le plus important, ce n’est pas tant d’être ordonné diacre pour servir, que de participer « d’une façon spéciale à la mission du Christ. » (CEC 1570). Le diaconat « configure au Christ qui s’est fait le « diacre », c’est-à-dire le serviteur de tous » (CEC 1570). Ainsi donc, il ne s’agit pas d’abord de servir l’Église, ou le monde, mais de participer à la mission du Christ. Jésus, le Ressuscité, est parmi nous, aujourd’hui encore, « comme Celui qui nous sert ». Une ordination diaconale vient nous rappeler opportunément qu’il nous faut toujours repartir du Christ. Car le sacrement de l’ordre trouve son fondement ultime non pas dans le service du Christ, mais dans l’amour du Christ. « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis… » (Jn 15,15). Le christianisme a une originalité : il n’est pas fondamentalement une religion du service ou de l’obéissance, mais bien une religion de l’amour, « de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (LG 1).

20180617 MJ            Dans ce sens, il n’est pas inutile de bien entendre le dialogue de l’évêque avec l’ordinand à propos de l’engagement au célibat. L’ordination diaconale a ceci de particulier : celle d’avoir deux formes selon que le candidat est marié ou non. Celle d’aujourd’hui concerne un candidat pour le presbytérat et qui veut garder son état de célibataire. L’évêque questionne le candidat en soulignant que le célibat est voulu « pour signifier le don de soi au Christ Seigneur ». « Pour signifier le don de soi » il est question de signe. Il ne s’agit pas d’abord d’un signe de disponibilité ou d’un signe d’héroïsme. Il ne s’agit pas non plus de dévaloriser le mariage. Mais il s’agit de signifier un don de soi particulier. Ce don n’est pas d’abord un bel engagement humanitaire, ni même un don absolu ou admirable. Non, il s’agit d’amour ou d’amitié : de « signifier le don de soi… au Christ Seigneur ». Le candidat s’engage dans une relation singulière au Christ. Il engage tout son être envers le Christ. Le bienheureux pape Paul VI, disait que « le candidat est consacré au Christ d’une manière nouvelle ». Une vie de célibataire n’est pas vide de sens. Et il convient de toujours mieux prendre conscience des millions de célibataires qui vivent, d’une manière trop méconnue, un célibat parfois choisi, parfois subi, parfois éprouvant, ou simplement consenti. Être ordonné diacre exige donc tout particulièrement une relation nouvelle, singulière, intérieure, continue, profonde, amicale avec le Christ ressuscité. Jésus lui-même a vécu le célibat. Ce fut son mode de vie. Il est donc fondamental de « repartir du Christ », ici comme en toute chose.

            Matthieu, cultivez votre relation au Christ sans laquelle le célibat choisi, non seulement ne servira à rien, mais pourrait même devenir comme un violon désaccordé… un contre-témoignage. Notre temps nous provoque à vivre tous nos engagements avec un surplus de vie intérieure pour mieux permettre au Christ de s’exprimer par nous. Vous vous êtes présenté devant l’évêque pour lui faire part de votre désir d’engager votre vie à la suite du Christ. Prenez soin de cette relation au Christ car elle sera votre centre de gravité dans le service et l’amour des autres. Aujourd’hui, je ne vous promets donc pas une vie facile… mais un beau chemin de vie, avec le Christ ressuscité.

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