dimanche 27 janvier 2019

26 janvier 2019

Diaire

20190127 Désaltéré

PAROLE DE DIEU

1 Co 12,13 : Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. 

Lectiomélie : L’Esprit est aussi discret qu’indispensable. Il est l’humilité divine même. Laissons-nous désaltérer par Lui !


 

AGENDA

* Messe à Vézelay (Saint Vincent tournante de Bourgogne).

20190127 FMJ

Homélie – 1 Co 12

         « Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner. » (1 Co 12,29). Nous pourrions continuer longuement… tout le monde n’est pas vigneron, moine ou moniale, informaticien, boulanger ou évêque… et pourtant, rappelle saint Paul : « L’œil ne peut pas dire à la main : ‘Je n’ai pas besoin de toi’ » (1 Co 12,21). Autrement dit, les vignerons ont besoin de verriers, de cavistes, de négociants, d’œnologues, de tonneliers, de sommeliers, de restaurateurs… Nous avons donc besoin les uns des autres pour bien vivre ensemble. Mais saint Paul va plus loin : « les différents membres doivent tous avoir le souci les uns des autres » (1 Co 12,25). Il ne suffit donc pas d’avoir besoin des autres, car cette attitude nous centre encore sur nous-mêmes, mais nous devons avoir le souci des autres.20190127 JSL titre

         Saint Paul donne ainsi des critères qui pourraient bien convenir non seulement pour l’Église, mais aussi pour nos confréries, nos paroisses, nos communes, notre pays ! Souvenons-nous de la phrase de l’abbé Pierre lors de sa rencontre avec Georges, premier compagnon d’Emmaüs : « Tu es malheureux, je n’ai rien à te donner, mais si tu veux, j’ai besoin de toi, pour ensemble lutter avec ceux qui souffrent. » On a souvent coupé cette phrase de sa finale : l’abbé n’a pas besoin d’un homme à son service. Il fait confiance à Georges pour être un partenaire contre la misère, « pour ensemble lutter avec ceux qui souffrent ».

         Mais saint Paul poursuit sa réflexion encore plus loin : « Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu » (1 Co 12,24). Il nous fait découvrir que l’autre a un honneur comparable à tous, on dirait aujourd’hui « une égale dignité ». Voilà la logique de l’Évangile ! Certes elle est très éloignée de nos logiques mondaines : logique de hiérarchie (y compris dans l’Église), logique de préséance, logique de biens ou d’hectares possédés. Or, nous constatons ces temps-ci où conduit cette logique. Tout le monde a besoin d’être reconnu. Personne ne veut se sentir oublié. Personne ne veut être invisible ou laissé de côté.

         Nous ne sommes pas loin de l’Évangile de Luc et des premiers mots de Jésus en commençant sa vie publique : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ». Porter la Bonne Nouvelle aux pauvres c’est une manière de dire que tous ont droit à l’Évangile, à une vie digne, à une attention. Cela veut dire que personne n’est irrécupérable. Personne n’est infréquentable. Autrement dit, pour citer une nouvelle fois saint Paul : « Les plus petits sont indispensables » (1 Co 12,22). Leurs paroles comptent. Les paroisses de Montréal et d’Avallon nous ont donné un bel exemple récent d’une Église qui donne la parole à tous. Et qu’elle la fait même circuler. Alors avant de tendre le verre, tendons l’oreille !  Qu’en ce beau dimanche de fête, nous prenions mieux conscience, sur cette magnifique colline éternelle de Vézelay, que nous avons tous besoin les uns des autres, que nous avons à prendre souci des autres, que l’honneur fait aux plus faibles révèle l’égale dignité de tous. Bien plus, et c’est toujours saint Paul qui l’affirme : « Si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co 12,26).

         Vous me permettrez d’évoquer la figure de saint Vincent. Nous savons peu de choses sur lui. Il demeure juste une référence très ancienne. Mais il nous rappelle l’importance de la mémoire et donc du temps. Les réseaux aplatissent le temps et l’espace, parfois les raccourcissent, parfois les renversent, et ils nous provoquent ainsi à conserver le sens des traditions, de l’histoire, le sens de ce qui rend possible le bien ou malheureusement le mal, de tout ce qui rend possible de beaux événements. Le pape François assure que « pour avancer dans la construction d’un peuple le temps est supérieur à l’espace » et que « ce principe permet de travailler à long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats. » Il s’agit moins pour lui de dévaloriser l’espace que d’indiquer l’importance de retrouver le sens du temps, d’une chronologie, d’une histoire, d’une maturation. Le vin n’a-t-il pas besoin de temps pour sa vinification ? Aurions-nous moins de prix que ce vin que nous aimons ? Avec le sens du temps, des générations, nous retrouvons mieux le sens de l’espace, de nos cultures, de nos lieux de vie. Retrouver le sens de l’histoire, retrouver le sens de notre territoire, retrouver le sens de notre vie, n’est-ce pas le plus important ?

20190127 Messe Vézelay cors         La foi chrétienne nous aide à nous situer entre le temps de la création et le temps de la fin. Notre foi situe Jésus au cœur de l’histoire. Il y a un avant Jésus-Christ et un après Jésus-Christ. D’où l’importance des anniversaires, des rendez-vous réguliers comme le nôtre, ce matin, à Vézelay. L’histoire n’est pas qu’une suite d’événements dispersés : elle tend vers la manifestation totale du Christ, de Dieu et de notre commune humanité, croyants ou non. Une juste compréhension de Dieu peut nous aider à comprendre le sens de l’humanité. Dieu n’aime ni la violence ni le mal ni la mort, mais la dignité de chacun, la fraternité de tous, la proximité qui peut rendre ce monde non pas seulement vivable mais aimable.

         En cette fête de Saint-Vincent, prenons donc le temps de nous réjouir, comme ce vin qui réjouit le cœur de l’homme. Réjouissons-nous du bonheur des autres : cela augmentera le nôtre… tout en le répandant.

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