jeudi 21 février 2019

20 février 2019

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 20190221 Gn 9,9

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20190128 Auxerre

Mgr Hervé GIRAUD

Abus sexuels dans l’Église : « Il faut passer de la parole aux actes »

(France Bleu Auxerre par Thierry Boulant)

Le pape François réunit à partir de jeudi au Vatican, les présidents d’une centaine de conférences épiscopales de tous les continents. Ils doivent réfléchir jusqu’à dimanche à « la protection des mineurs ». Mgr Hervé Giraud, archevêque de Sens-Auxerre, explique les enjeux. Entretien.

 

Mgr Giraud, que peut-on attendre de cette conférence épiscopale au Vatican ?

Cette conférence, c’est une première mondiale. On va parler de la lutte contre les abus sexuels sur mineur qui est une des crises les plus graves vécues dans le catholicisme. Le but est de responsabiliser chaque Église locale et tous les évêques sur ces questions d’abus et de prévention.

 

L’Église a-t-elle été trop timorée jusqu’à présent sur cette question d’abus sexuel ?

Depuis une vingtaine d’années, des petites bombes ont éclatés un peu partout. On a entendu enfin des victimes qui ont pu s’exprimer et libérer leur parole. Heureusement, les médias ont pu donner un écho à tout cela et petit à petit, il y a eu une sorte de prise de conscience dans l’Église catholique et une évidence : il fallait partir de l’écoute des victimes, de leur demande et regarder tout cela en face, parce que la parole se libérait.  Il faut encore qu’elle circule et il faut passer des paroles aux actes. C’est-à-dire, la prévention, la formation, les indemnisations, il faut renforcer l’éducation affective dans les séminaires par exemple et puis aider à réparer tout ce qui est blessé, et notamment les blessures spirituelles.

 

Est-il nécessaire de mettre en place des protocoles pour aider les évêques par exemple à réagir aux situations d’abus ?

Les évêques de France ont étudié et mis en place ce genre de protocole dès 2001. Ces protocoles ont été améliorés parce qu’on s’est rendu compte qu’ils ne suffisaient pas.  Aujourd’hui ce qu’on demande réellement à Rome, c’est de décentraliser. C’est à dire que l’on puisse faire beaucoup plus de choses au niveau régional ou national pour accélérer les procédures.

Jusqu’à présent, il fallait envoyer le dossier à Rome et c’est le Vatican qui disait ce que l’on devait faire. Dans certain cas, cette procédure est très bien parce que l’évêque saisi, n’est pas juge et partie, mais d’un autre coté, ça peut ralentir les choses. L’idéal serait que l’on confie l’affaire à une conférence régionale ou nationale.  La difficulté pour l’Eglise, c’est aussi de s’adapter à chaque législation dans chaque pays.  La conférence mondiale doit permettre, j’espère, de clarifier tout cela.

 

Avez-vous le sentiment que l’Église joue aussi son avenir sur ses affaires d’abus et qu’elle doit réagir pour retrouver une certaine crédibilité ?

C’est vrai qu’elle a perdu beaucoup de crédibilité dans le domaine de la morale sexuelle à travers ces affaires-là.  Je dirai qu’il y a des domaines où elle garde de la pertinence : sur l’écologie, les migrants, la pauvreté ou l’éducation puisque 20% des jeunes sont dans des établissements catholiques, mais elle a perdu une véritable crédibilité dans le domaine de la morale sexuelle.

 

Cette semaine, on parle de l’église catholique pour cette grande conférence,  mais elle est aussi dans l’actualité avec le film de François Ozon « Grâce à Dieu » ou avec le Livre « Sodoma » de Frédéric Martel qui évoque l’homosexualité au Vatican, est-ce que tout le tapage parfois négatif pour l’Eglise, autour de ces actualités, est difficile à vivre quand on est archevêque ? 

Oui c’est très difficile à vivre d’un point de vue personnel, parce que je suis un homme comme les autres, un citoyen comme les autres et je concentre toutes ses douleurs qu’on ressent, en entendant tout ça.  Il faut intérioriser tout ça. Beaucoup réfléchir et se poser des questions comme : à qui faire confiance aujourd’hui ? A quelles institutions ? Doit-on faire confiance à l’Église ? À l’institution médiatique ou politique ?  On vit une crise de confiance, qui peut être généralisée et je pense qu’il ne faut pas tomber dans cette défiance généralisée. Ces épreuves peuvent aussi nous amener, maintenant que le diagnostic est posé, à trouver des moyens pour nous en sortir. C’est donc effectivement très douloureux, mais notre souffrance est infiniment moindre que celle vécue par ceux qui ont subi des abus par exemple.

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