dimanche 9 juin 2019 – Pentecôte

8 juin 2019

Diaire

 

PAROLE DE DIEU

Actes 2,4 : Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. 

Lectiomélie : L’Esprit donne une ouverture universelle à tous et un charisme particulier à chacun.

20190609 Ac 2

 

AGENDA

* Rencontre des confirmands.

* Messe et confirmation à la cathédrale d’Auxerre.

 Homélie du dimanche 9 juin 2019

            Nous connaissons peut-être la comparaison habituelle entre l’épisode de la tour de Babel et la Pentecôte : à Babel, Dieu aurait embrouillé les langues en raison de l’orgueil des hommes construisant une tour pour rejoindre par eux-mêmes les cieux ; à la Pentecôte, Dieu rétablirait la compréhension commune, et serait ainsi l’anti-Babel. Mais à lire de plus près les deux textes, nous pouvons vite découvrir un autre message. Dieu reproche surtout aux hommes de Babel de ne plus se disperser sur toute la surface de la terre. Or, c’était un ordre originel : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1,28). Si Dieu confond leur langage, ce n’est pas d’abord pour leur orgueil, mais pour qu’ils se dispersent ! Voilà le but de la diversification des langues : obliger les hommes à se disperser et donc à annoncer l’alliance universelle voulue par Dieu. Cette diversité des langues est donc positive. Elle permet de rejoindre toutes les langues et donc tous les peuples. Elle empêche un regroupement égoïste des hommes. Et à la Pentecôte il en est de même : la diversité des langues demeure puisque chacun d’eux « entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient ». La Pentecôte n’est pas l’anti-Babel, mais la confirmation d’une diversité indispensable à l’annonce de l’Évangile : « Chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ».

            La pluralité apparaît donc comme un don, une chance, une grâce. Babel n’est plus une division négative mais la victoire positive de la diversité. Si les hommes vivaient avec une même langue, serait-ce encore la vraie unité ? La vraie unité ne vient que par la diversité. Car il y a des fausses unités qui menacent l’homme. Il y a des unités qui tendent au totalitarisme. L’unité humaine, bonne en soi, peut devenir la pire des choses si elle devient totalitaire.

            Aujourd’hui, le pape nous invite à une Église participative avec tous ses membres, avec tous ses charismes, avec les dons de chacun. Il nous revient de connaître, reconnaître et surtout de mettre en valeur les charismes que l’Esprit donne selon la vocation de chacun de nous. Le pape le dit clairement : « Personne ne doit être mis ou ne doit pouvoir se mettre à l’écart. » (CV 206). Chaque membre, même le plus petit, est nécessaire. Et c’est l’Esprit Saint qui donne à chacun ce qui fera grandir les autres… et qui nous fera grandir, dans le même temps. La dernière exhortation du pape l’a exprimé avec force : nous devons « avancer vers une Église participative et coresponsable, capable de mettre en valeur la richesse de la diversité dont elle se compose, en accueillant aussi avec gratitude l’apport des fidèles laïcs, notamment des jeunes et des femmes, celui de la vie consacrée…, celui… d’associations et de mouvements. »

            Alors, certes, l’Église ne semble pas très belle en ce moment, si nous ne regardons que d’un œil. Le quotidien La Croix donne la parole ces temps-ci à des gens ordinaires qui « méritent d’être dans le journal ». Et si nous regardions tous ces gens qui mériteraient d’être à la Une, non par leurs exploits, mais par leur simple vie fraternelle ? Nous contemplerions ainsi la diversité de notre humanité. Nous comprendrions que l’Église n’est ni au-dessus ni séparée des autres membres de l’humanité. Le Christ est venu sauver tout ce qui est perdu, en nous, dans l’Église et dans le monde. Il a regardé toute la réalité en face, y compris le visage de son Église abîmée. Alors ne rêvons pas d’une Église pure et sans tache ; demandons plutôt au Seigneur d’être des chrétiens vraiment confirmés, habités par l’Esprit de sainteté. Nous connaissons la question d’un journaliste à Mère Teresa : « qu’est-ce qui devrait changer avant tout dans l’Église d’aujourd’hui ? » Et celle-ci répondit aussitôt : « Vous et moi ». Nous sommes capables de beaucoup de bien ! Nous le faisons même plus souvent que nous ne le pensons.

            Maintenant, l’Esprit va être répandu sur quelques-uns : comme ces baptisés ont déjà reçu l’Esprit au baptême, c’est comme un trop-plein d’Esprit qui va déborder d’eux sur nous tous. Ne nous demandons pas ce que l’Esprit nous apportera, mais demandons-nous ce que nous pouvons nous apporter mutuellement par nos diversités. C’est ainsi que nous répandrons l’Évangile de la joie.

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